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 [Candidature] Elyrine

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Elyrine

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MessageSujet: [Candidature] Elyrine   Mar 2 Juin - 21:25

[HRP]

Plop, ici Cathelineau.

Je vous propose la candidature de ce personnage. Si à l'occasion vous avez besoin d'un PNJ pour vos évents ça peut servir !

[/HRP]

[RP]

Une nouvelle lettre a été déposée au bureau de recrutement.

Elle a été écrite à la plume sur un parchemin de bonne qualité, bien qu'un peu sali.
Elle est courte, l'écriture est cursive, déliée, élégante. Le style est vif et net.

"Camarades réprouvés,

Je me nomme Elyrine. J'étais une Sindorei de mon vivant et je sers la Dame Noire dans la mort. Je n'ai plus de nom ni de raison de combattre, sinon celle de défendre ce que nous bâtissons chaque jour.

Le Bras de Lordaeron défend nos terres de nos ennemis. Ma place est parmi vous, si mes flèches vous agréent.

Je me tiens à votre disposition.

Elyrine."


[/RP]
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PnJ

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Mar 2 Juin - 22:54

À Brill, lors d'une journée au ciel fuligineux, le recruteur Orthen comme à son habitude et à son grand désarroi se devait de trier et répondre aux différentes candidatures que le Bras de Lordaeron recevait continuellement. La montagne de lettres qui se dressait n'en finissait pas et les cas qu'il rencontrait dans celles-ci avaient cessé de l'étonner. Il y trouvait de tout, en allant d'un humain qui avait perdu foi en la vie mais qui tout du moins ne voulait pas la perdre pour autant mais également de plusieurs gobelins dont les intentions étaient plus que douteuse. D'ailleurs Orthen ne s'étonne même plus de recevoir de temps à autres plusieurs candidatures au nom de l'ingénieur Truelle.
Bref, au fur et à mesure, la pile sur le bureau du réprouvé venait parfois à diminuer et c'est seulement vers la fin de la journée que Orthen en vit véritablement la fin. Il prit alors de la pile un parchemin légèrement tacheté d'une substance qu'il n'essayera pas d'identifier.
Il s'agissait la d'un message court provenant d'une réprouvé, Sin'dorei de son vivant, souhaitant rejoindre notre ordre et qui en est certaine d'en être digne. Orthen décidé à en finir plus vite que ça avant la relève du soir, sortit de son bureau un vélin vierge et commença à écrire. Il se disait qu'une lettre courte se devait d'être répondue par une réponse courte.

"À destination de dame Elyrine,

Je suis le recruteur Orthen, du Bras de Lordaeron, j'ai très bien pris en compte de votre demande d'adhésion au sein de notre ordre. Néanmoins, afin de poursuivre votre candidature, il vous faudra venir dans l'un de nos bureaux de recrutement au choix, situé à Brill ou à Moulin-de-Tarren. Là-bas, nous vous demanderons de plus amples détails vous concernant afin de juger si vous êtes aptes ou non à nous rejoindre.

Au plaisir de vous rencontrer,

Recruteur Othmar."


Othmar renvoya le soir même la lettre à l'adresse dont elle était émise ainsi que le reste de la pile.
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Elyrine

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Mer 3 Juin - 17:29

Elyrine avait répondu brièvement au recruteur, lui signifiant qu'elle préférait se rendre à Brill. C'était une région qu'elle fréquentait régulièrement lorsqu'elle revenait de ses reconnaissances dans les maleterres.

Elle se présenta le jour convenu au poste du Bras de Lordaeron. Elle était vêtue d'une tenue noire sanglée sur son corps décharné, vaguement drapée dans une longue cape noire. Un long voile noir enroulé autour de sa tête cachait sa gorge, ses cheveux et ses oreilles pourries.

Elle attendit devant l'entrée du bâtiment, perchée sur une barrière en bois, la main sur son arc. Son familier, un faucon-dragon mort-vivant, voletait et folâtrait dans les prairies voisines, poursuivant les araignées ou les sombredogues de passage.

De ce qu'elle savait, le candidat précédent n'allait pas tarder à resortir, et ce serait le bon moment pour se présenter en vers et en os au recruteur Othmar.
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 4 Juin - 18:27

Le recruteur se leva furibond de son siège se dirigea vers la porte de son bureau et l'ouvra avec une étonnante vivacité.

-Sortez immédiatement de mon bureau et retournez à Moulin-de-Tarren, vous êtes déjà membre du Bras et pour je ne sais quelle raison. Allez oust !

L'ingénieur Truelle sortit alors du bureau en traînant les pieds, le regard vers le sol. Il passa à côté d'une réprouvé mais alors qu'il allait lui adresser une parole, Othmar lui fit un signe de la main lui faisant comprendre qu'il devait se taire et passer son chemin. Il reprit alors la route d'un air penaud.

Le recruteur dirigea alors son regard vers la nouvelle venue, une réprouvé toute vêtue de noir. Il ne put s'empêcher de laisser sortir un long soupir.

-Bienvenue au bureau de recrutement du Bras de Lordaeron, vous êtes ici pour nous rejoindre ?


Dernière édition par PnJ le Lun 8 Juin - 0:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Ven 5 Juin - 8:17

Elle sauta aussitôt de son perchoir en rangeant son arc dans son dos, faisant un hochement de tête :

Elyrine pour vous servir. Nous avons échangé des lettres à ce sujet.
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Lun 8 Juin - 0:19

Orthen prit un instant pour réfléchir, répétant le nom "Elyrine" dans sa tête.

-Elyrine, Elyrine... Ah oui en effet je m'en souviens à présent, vous étiez de votre vivant une Sin'Dorei c'est bien cela ?

Le recruteur examina alors pendant un moment la réprouvé de la tête aux pieds.

-Bien, si vous voulez bien me suivre s'il vous plait, nous allons continuer l'entretien dans mon bureau.

Orthen se mit alors de côté à l'entrée afin de laisser Elyrine entrer dans son modeste bureau et cela pour une durée que nul ne saurait deviner...
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Lun 8 Juin - 20:29

Elyrine hocha de la tête.

Sin'dorei, oui.

Elle adressa un signe de la main à son familier pour lui signifier qu'elle s'absentait.

Elle entra dans le bâtiment à l'invite de l'obligé receuteur, observant les lieux d'un air dégagé.
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Mer 10 Juin - 20:52

Le recruteur s'assit comme à son habitude à son bureau présentant la chaise qui se trouvait devant lui à la réprouvé.
Il prépara machinalement une feuille de vélin et de quoi écrire avec pour seul éclairage un minuscule rayon de soleil.
Orthen après avoir écrit quelques mots sur son parchemin dirigea son regard vers son invitée.

"-Bien, je vais vous expliquer comment va se dérouler la séance de recrutement, on va commencer par une série de questions vous concernant, puis ce sera votre tour si jamais vous en avez. La décision de recrutement ne me revient pas, je ne serai que le messager, le verdict reviendra aux hauts gradés."

Il laissa un moment pour laisser à la réprouvé le temps de tout assimiler puis reprit:

"-Bien commençons. J'aimerai tout d'abord en savoir un peu plus sur vous hormis votre nom, parlez moi de votre parcours aussi bien de votre vivant qu'après qu'on vous l'ait ôté."

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 11 Juin - 13:04

Elle entra à sa suite, jetant des coups d'œil circonspects. Elle découvrit un intérieur plutôt délabré, avec pour principal ameublement une table bancale et des chaises rempaillées. Quelques rats couraient dans les recoins, entre les étagères et les armoires. On pouvait voir des vieux livres décatis, des fioles à moitié vides et des bocaux renversés un peu partout.

Les lieux étaient sombres, sales et mal éclairés. Il régnait partout la puanteur de la mort. La pièce était froide et humide. Un seul rayon de lumière, tombant d'une brèche d'un des murs, jetait sur la scène un doigt de clarté crue, tombant opportunément sur la table de travail.

L'instructeur se déplaça de son pas grinçant vers une chaise et y prit place, effrayant du même coup quelques cafards qui s'enfuirent dans les ténèbres. Machinalement, il fit signe de sa main griffue à Elyrine pour qu'elle l'imite. Elyrine s'approcha, docile.

Elle avisa la chaise qu'on lui présentait. C'était un mobilier défraichi et fragile, mais elle était elle-même bien frêle. Aucun risque qu'elle ne la casse en posant sa carcasse dessus. Elle prit place en veillant à rejeter sa cape derrière le dossier. Lentement, elle dénoua son foulard et le déroula de son cou, pendant que son hôte lui expliquait les modalités de l'entretien.

Pendant qu'il parlait, Elyrine observait les mains décharnées du réprouvé glisser sur le parchemin, traçant quelques mots d'une plume dégarnie. L'étrange scribe marqua une pause et planta son regard dans le sien. Visiblement, il attendait un signe d'approbation de sa part.

La jeune morte n'avait rien à y redire et elle hocha de la tête. Il lui expliqua alors qu'il entendait en savoir plus sur elle et son histoire, à commencer par son nom complet. Elyrine dodelina de la tête, penchée en avant :

"Si vous voulez. Mais c'est plutôt une longue histoire."

Il tourna la main pour lui faire signe de continuer. Elle lui accorda trois secondes, pensant qu'il voudrait peut-être allumer une pipe. Il n'en fit rien et elle entama donc son récit. Sa voix était douce et distante. La plupart des réprouvées crachaient un son rauque ou fatigué, mais elle avait une tout autre diction. On aurait dit que sa voix ne sortait pas de sa gorge, mais plutôt qu'elle murmurait depuis un lieu lointain et venteux.

**
*

"Mon nom de naissance est Elyrine Trissenuit. J'étais la cadette de trois enfants : Saeria, Solyan et Elyrine. Notre famille était une maison mineure de la noblesse thalassienne. Je naquis à Ternesoir, le port relié à notre capitale, et j'y ai passé presque toute mon enfance. Je vous épargne mes jeux d'enfants et mes premières classes.

Quand j'atteignis ma quatre-vingtième année, je fis part à mon père de mon désir de devenir pérégrine. J'ai toujours aimé la nature et les animaux. Défendre notre pays en arpentant nos forêts me paraissait la meilleure façon de vivre. Malheureusement mes parents se montrèrent très réticents.

Notre père possédait un petit arcatelier où il supervisait la fabrication de plusieurs appareils évolués, tels que des portails de transposition ou des golems. C'était une industrie de pointe que peu de monde pouvait se payer. C'était donc un commerce plutôt lucratif. En tant que son aînée, mon père nourrissait d'autres projets pour moi.

Plutôt que de voir sa première fille devenir coureuse des bois, il espérait bien me marier à un bon parti, tout en m'entrainant pour prendre la relève de l'entreprise familiale. Nous eûmes plusieurs disputes plutôt vives à ce sujet. Pour vous dire la vérité, je m'enfuis de notre demeure et m'engageai au poste de pérégrins le plus proche, sans son accord.

Naturellement, officiellement, ma famille soutint mon choix, car il n'était pas question que nos désaccords internes éclatent au grand jour. Bon, je suppose que ça n'a plus d'importance si ça se sait à présent. Ah ah.

Je disais donc. Ma formation sérieuse commença en compagnie des sentinelles du royaume. j'y appris à tirer à l'arc, suivre une piste, traquer une proie ; vivre sur le pays, explorer un terrain inconnu, évaluer une proie d'après son aspect. On m'enseigna comment me déplacer en silence, courir vite et jeûner pendant des jours.

Je n'avais que peu de nouvelles de ma famille. Tout juste appris-je que mon frère s'était lui aussi élever contre nos parents en intégrant les rangs des brise-sorts. Notre cadette, Saeria, se montra plus sage et suivait assidument les cours d'ingénierie arcanique de notre père. Il y avait au moins un de ses enfants qui n'était pas ingrat !

Les années et les décennies passèrent. Les rumeurs d'un terrible mal commencèrent à arriver à Quel'thalas. On racontait qu'un fléau mystérieux décimait les populations des provinces du Nord. Le roi ordonna bientôt que les frontières soient fermées et il fit doubler les patrouilles. Pour l'instant, nos forêts restaient épargnées par ce mal.

Avec mes compagnons pérégrins, nous ne prenions pas cette menace au sérieux. Ce n'était qu'un problème d'humains après tout. Cela faisait longtemps que notre royaume s'était replié sur lui-même, et les catastrophes du monde extérieur ne nous avaient pas touché depuis longtemps. Même pendant la deuxième guerre, la Horde avait respecté notre neutralité.

Non, vraiment, il n'y avait pas de raisons de s'inquiéter.

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 11 Juin - 13:05

Je crois que c'est la nouvelle de la mort du roi Térénas qui précipita les choses. Nous fûmes parmi les premiers avertis, et je fus envoyée comme coursière pour prévenir la capitale. Les rumeurs de guerre allaient bon train et les bureaux de recrutement des pérégrins et de la garde de la cité étaient remplis de volontaires.

J'exposai brièvement la raison de ma venue à quelques magistères, qui me promirent de réunir le conseil en catastrophe. On me recommanda de ne pas quitter la ville, car on pourrait avoir besoin d'envoyer d'autres messages, et les estafettes étaient déjà toutes en mission pour rassembler les garnisons du royaume.

Le lendemain matin, je fus à nouveau convoquée par le Magistère. On m'introduisit dans une antichambre où un comité réduit m'attendait. J'eus la surprise d'y retrouver mon père, en tenue de voyage. Je le saluai chaleureusement mais il se montra distant et tendu. L'heure n'était pas aux effusions.

Un des mages parla d'une voix grave. On racontait que tout le pays de Lordaeron était en train de s'effondrer, dévoré par une secte, un mouvement d'insurrection qui se faisait appeler le "Culte des damnés". Les armées humaines étaient disloquées, on était sans nouvelles de nos contacts dans les principales villes.

Le Magistère avait donc décidé d'envoyer un plénipotentiaire sur place. Son rôle était de trouver une autorité légitime à Lordaeron, et de négocier avec elle pour endiguer la progression de ce "Fléau". Il en allait de la sécurité du pays.

En effet, on rapportait déjà que les marches de Quel'thalas étaient grignotées par des bandes de charognards décérébrés. Les plus grands sages estimaient qu'il s'agissait là de magie noire. Le maréchal Garithos, un baron humain intrépide, parvenait pour l'instant à repousser ces pillards avec l'appui de détachements de forestiers, mais ça ne serait bientôt pas suffisant.

C'était l'archimage Astabalir, du Kirin Tor, qui avait été chargé de cette mission délicate. Il me salua d'un hochement de tête hautain et d'un sourire mielleux. C'était un elfe grand et large d'épaules, drapé dans une robe de soie aux couleurs de sa confrérie de sorciers. Il me fit l'effet d'être un salopard complet.

Quant à mon père, il devait étudier les possibilités de la confection d'une orbe de transposition, soit à Dalaran, soit à la capitale, selon ce que les lignes telluriques et l'évolution de la guerre permettaient. C'était un projet que le roi avait suggéré pour faciliter l'échange d'informations, et éventuellement l'envoi de troupes légères.

Mon rôle, dans cette expédition, était d'aider la patrouille à se frayer un chemin sans encombres jusqu'au cœur de Lordaeron. Cela n'allait pas être une tâche aisée, mais c'était une occasion de retrouver mon père. J'acceptai cette mission et fit la révérence.

Avec le recul, je me dis que j'aurais sans doute dû refuser. Malheureusement, à cette époque, nous n'imaginions pas à quel point la civilisation Lordaeronnaise s'était effondrée. Le manque d'informations était notre plus grand défaut, et en voulant le combler, je ne fis que précipiter ma perte.

Le voyage dura plus longtemps que prévu. Nous partîmes en faucons-pérégrins, pour plus de discrétion. Voler à dos de faucon-dragon aurait multiplié les risques de se faire repérer. Tout alla bien jusqu'à ce que nous arrivions aux frontières du royaume. C'est deux jours plus tard que la situation empira.

Nous décidâmes de faire une halte à un village humain. Nos montures étaient fourbues et avaient grand soif. Mon père et l'archimage aussi n'étaient pas fâchés de pouvoir faire une pause dans notre chevauchée. Echangeant quelques plaisanteries nous entrâmes dans la bourgade.

Les lieux étaient complètement déserts. Ce qui était autrefois un coquet petit village agricole, avec son moulin, ses champs et ses entrepôts, ressemblait à présent à un décor de théâtre sinistre. Les ailes du moulin tournaient dans le vide en grinçant. Pas un chien, pas une poule ne courait dans la rue principale.

Nous hélâmes les habitants, échangeant des regards inquiets. J'aperçus du mouvement dans l'embrasure de la bicoque la plus proche. Les silhouettes branlantes de zombies commencèrent à sortir des granges, des étables, des chaumières, la mâchoire pendante et les bras tendus vers nous. Ils murmuraient des paroles sans sens.

Je criai plusieurs fois à ces créatures de reculer, mais elles n'obéirent pas. Peut-être n'étaient-elles même plus capables d'entendre. Quand elles furent à moins de vingt mètres de nous, il était évident qu'elles n'étaient plus vivantes. Certaines avaient des plaies béantes dans le ventre, d'autres avaient les bras ou un pied arrachés.

Poussant le cri de guerre de notre royaume, nous tentâmes de les repousser. L'archimage lança sur les premiers des vagues de feu qui les réduisirent en cendres. De mon côté, je décochai plusieurs flèches, mais même en visant leur front, cela semblait ne pas les incommoder. Je commençai à paniquer.

"Elyrine, ordonna mon père, il faut faire demi-tour !
-Vous plaisantez, aboya Astabalir en secouant la tête. Nous avons une mission et j'entends la mener à son terme !
-Nous sommes à peine entrés dans Lordaeron que la route est déjà barrée, remarquai-je en faisant tourner bride à mon destrier.
-Je vous interdis de vous enfuir, ordonna l'archimage.
-Mes flèches sont inefficaces ! Criai-je.
-Quant à moi, je n'ai qu'un sabre, ce ne sera pas suffisant" reconnut père.

Astabalir haussa les épaules et fit tomber du ciel une pluie de feu. En quelques secondes, l'intégralité des villageois fut réduite en torches gesticulantes. Les cadavres s'effondrèrent les uns après les autres, fumant et grésillant. Se frottant les mains, le magistère nous adressa un sourire cruel :
"Nous allons poursuivre notre route, et sans rechigner. Ce ne sont pas quelques loques humaines qui nous feront échouer."

J'aurais sans doute dû tuer cet abruti tout de suite. Cela nous aurait évité, six heures plus tard, de voir nos faucons-pérégrins se faire attraper et dévorer par des goules, alors que nous puisions de l'eau à une rivière. Ou de nous enfuir pour ne pas suivre le même sort. Ou de voir mon père et cet idiot d'Astabalir se convulser de douleur après avoir bu de cette eau.

Il était évident qu'elle était empoisonnée. Sans doute toutes les sources étaient-elles corrompues à présent, puisque même l'herbe du pays semblait flétrir sur pied. J'aurais dû être plus attentive et les mettre en garde. Pour ma part, j'étais habituée à ne pas boire beaucoup ; aussi n'avais-je pas encore avalé du liquide saumâtre.

C'était une maigre consolation, mais au moins j'étais épargnée, et donc capable d'achever ces deux malheureux avant qu'ils ne souffrent trop. Je pris le sabre de mon père et leur coupai la tête à tous les deux, alors qu'ils rampaient sur le sol en hurlant de douleur.

Il me parut évident que ma mission ne pouvait plus être menée à bien. Malheureusement, j'étais désormais assez loin de Quel'thalas et sans monture. Après plusieurs heures de fuite dans les bois, je grimpai dans un arbre et tirai d'une de mes bottes les quelques cartes dont je disposais.

Je rayai tout de suite de mes options la route de la capitale, il me semblait évident que plus je me rapprocherais du centre de Lordaeron, plus la contagion serait virulente. Après plusieurs hésitations, j'optai pour un lieu indiqué sur la carte comme étant un monastère. Il devait se trouver quelques dizaines de lieues au nord de ma position.

J'empoignai mon arc et me mis en route. Même si mes flèches n'étaient plus d'aucun secours, tenir une arme me rassurait un peu. J'ignorai la faim et la soif qui me tenaillaient, et m'enfonçai dans les bois.

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 11 Juin - 13:08

Au terme d'une journée de marche éreintante, à traverser des collines infestées d'araignées hargneuses et de cadavres ambulants, je parvins in extremis à me présenter aux portes du monastère. C'était une immense propriété aux vastes bâtiments, un halo de civilisation dans la tourmente.

Les bons pères de la Lumière m'ouvrirent aussitôt leurs portes. Je remarquai que la communauté avait recueilli de nombreux habitants, hommes, femmes et enfants. Des miliciens assuraient la défense et montaient la garde autour des dépendances, la torche à la main. On m'expliqua que le feu était la meilleure arme contre les monstres du Fléau.

On m'offrit une maigre soupe et un peu d'eau que j'avalai en toute hâte. On ne pouvait pas m'offrir davantage. Les réfugiés me pressaient de question, m'interrogeant sur le tour que prenait la guerre. Malheureusement, je ne pouvais pas leur donner beaucoup d'informations. Je répondais de mon mieux.

La question qui revenait souvent était celle de l'entrée en guerre de Quel'thalas. L'air méfiant, certains me prenaient à parti en me demandant quand est-ce que mon peuple allait réagir. Je leur répondais que ma présence prouvait que nous nous sentions impliqués. Un excité me plaqua contre un mur et tenta de m'étrangler en hurlant que mon peuple se fichait complètement du sort des Humains.

Un moine parvint à le faire revenir à la raison et s'excusa pour sa conduite.
"Ce n'est rien", fis-je en me massant la gorge. Je ne pouvais pas donner tort à tous ces gens. Quel'thalas aurait dû réagir plus tôt et bien des choses auraient pu être évitées.

Quelques jours plus tard, les éclaireurs annoncèrent l'approche d'une colonne de morts-vivants. Une armée entière se dirigeait dans notre direction, machines de peste, abominations et gargouilles, précédés de hordes de goules affamées et de zombies par centaines. La nouvelle plongea la communauté dans la terreur. La Lumière semblait nous avoir abandonnés.

Le père abbé ordonna que l'on enferme les enfants et les vieillards dans les cryptes, où ils seraient en sécurité. Hommes et femmes furent rassemblés, remis debout et répartis autour de l'abbaye. Il n'était pas question de se laisser tuer sans combattre. Un prédicateur nous fit un court sermon, nous promettant la vie éternelle si nous gardions la foi.

J'avoue que j'eus du mal à écouter ses paroles. J'avais déjà dû tuer mon père et un archimage pour survivre. Je doutai que la Lumière me pardonne ces crimes. Et quand bien même elle le ferait, il y avait de fortes chances que nous finissions tous en esclaves décérébrés. C'était loin d'une éternité de paradis, n'est-ce pas ?

Le combat fut rapide et brutal. Il n'y eut pas de pourparlers ni de manœuvres militaires. Les morts-vivants étaient assez nombreux pour se priver du luxe d'un siège. Ils nous chargèrent, frontalement, sans aucune subtilité. Nous fûmes aussitôt submergés. Les premiers rangs de défenseurs grillèrent quelques goules et furent dévorés vivants par les autres.

Les archers n'étaient pas assez nombreux pour abattre les gargouilles. Du reste, mes flèches semblaient rebondir sur leurs ailes de pierre. Je me reculai sous les colonnes du cloitre, cherchant désespérément à en faire tomber une, en vain. J'entendais tout autour de moi les hurlements des prêtres et des paysans, dépecés vivants.

Frappée de terreur, je me ruai vers la grande cathédrale, dans l'espoir d'y retrouver un noyau de défenseurs. Je savais que le père abbé devait être en train de célébrer un office pour favoriser notre victoire. Le cœur battant, je débouchai dans les jardins du monastère. Déjà, des morts-vivants étaient occupés à manger les soldats de faction.

Je décochai deux flèches vers les choses qui rampaient sur le sol, puis courut vers les gradins du parvis. Un zombie s'accrocha à ma cheville, essayant d'arracher ma botte. Je lui administrai un coup de talon qui lui fit sauter la tête. Je retins un spasme ; l'odeur était épouvantable, celle de la chair brûlée et de la pourriture. D'une main fébrile, je poussai les lourdes portes.

Dans la cathédrale, un spectacle de boucherie m'attendait. Certains des moines étaient visiblement des traitres, et avaient égorgé leurs frères en pleine cérémonie. Le père abbé gisait écroulé sur l'autel, un poignard dans le dos. Les meurtriers étaient en train de rassembler leurs victimes pour faire une pile, au milieu de l'allée.

"Monstres ! Assassins !" Hurlai-je, tirant ma dernière flèche sur le prêtre le plus proche. L'individu encapuchonné tourna sa tête masquée vers moi et prit la flèche dans l'œil droit. Il eut un rire sardonique qui me glaça le sang. Tremblant de désespoir, je dégainai mon sabre :

"Approchez-donc si vous l'osez ! Je suis une fille de Quel'thalas, je n'ai pas peur de vous !"

Ma voix tremblait un peu trop pour être convaincante. Les moines encore debout, dissimulés dans leurs longues bures, se rapprochèrent lentement, leurs pieds crissant sur le marbre froid. je sentais une angoisse monter dans ma gorge. Dans mon dos, les râles d'agonie des derniers défenseurs montaient dans le ciel cendreux. J'apostrophai le plus proche des cultistes :

"Vous êtes peut-être déjà mort, mais je vous tuerai à nouveau avant de mourir !"

Le prêtre corrompu tendit un bras vers moi, pointant un long index blanchi dans ma direction. De sa main osseuse jaillirent des vagues d'énergie noire. J'eus un mouvement de recul et sautai en arrière, méfiante. Des spirales d'énergie ténébreuse s'enroulèrent autour de moi et se resserrèrent, brûlant ma peau et m'arrachant des hurlements de douleur. En quelques secondes, la vie me quittai et je m'effondrai sur le tapis rouge.

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 11 Juin - 13:09

La première image que j'ai ensuite, c'est le plafond gris de la cathédrale. Le murmure de chants impies sous les voûtes martelait mon esprit. L'odeur épouvantable de la mort et des chairs décomposées emplissait mes narines. Le parfum de chandelles se consumant. Le murmure de voix démoniaques appelant mon âme dans les tréfonds du Néant. Tout cela dura une seconde.

Ensuite, une douleur épouvantable, un déchirement de mon esprit. Je poussai un cri cauchemardesque, semblable à celui d'un enfant égorgé. Je contemplai mes mains translucides, griffues, désincarnées.

J'étais revenue sous la forme grotesque d'une banshee, maudite pour l'éternité, arrachée à mon corps défunt. Le culte des damnés m'avait ranimée pour faire de mon un fantôme, un spectre obéissant et terrifiant. C'est sous cette forme que je quittai le monastère, suivant l'armée toujours plus nombreuse des morts-vivants.

Je n'ai que de très vagues souvenirs de ce qui s'est passé ensuite. Peut-être est-ce parce que je ne veux plus m'en souvenir. J'ai vu et commis de nombreuses atrocités. L'armée que je suivais rejoignit le gros des forces du prince déchu Arthas, pour la prise de Lune-d'argent. J'ai vu notre capitale tomber et le puits solaire être dépravé.

Les campagnes du Fléau m'entrainèrent par monts et par vaux, la voix dans ma tête occupant mes jours et mes nuits. Je n'avais plus qu'un seul objectif, servir et tuer. Cette servitude était une insulte cuisante, une douleur infinie à chaque seconde. Jusqu'à ce que nous soyons enfin libérées.

C'est dame Sylvanas la première qui s'en rendit compte. Elle ne tarda pas à appeler à elle les autres banshees pour mettre au point avec nous une terrible vengeance. L'histoire est connue : la flèche noire, la traque d'Arthas, la rébellion contre les Seigneurs de l'effroi. Nous reprîmes donc les armes, cette fois pour notre liberté.

Nous apprîmes que le prince Kael'thas dirigeait encore notre royaume, mais qu'il s'était brouillé avec le maréchal Garithos. Malheureusement, dans l'état où nous nous trouvions, Sylvanas estima que jamais le prince Kael n'aurait accepté notre aide. De toute façon, il restait encore beaucoup à faire pour assurer notre propre survie.

Au fil des semaines, nous banshees avons appris à utiliser notre nouvelle condition. Nous savions déjà que nos hurlements pouvaient percer les tympans des vivants, que notre contact pouvait glacer leur sang. Bientôt nous découvrîmes que nous étions capable de les posséder et de contrôler leurs corps, comme des marionnettes.

C'est une arme que nous utilisâmes à outrance dans la guerre contre les Nathrezims : nous luttions à armes égales. Vint le siège de la capitale et la délicieuse vengeance que nous exerçâmes sur le maréchal Garithos. Cet homme cruel paya amplement les crimes qu'il avait commis contre ses alliés.

Lorsque tout fut terminé, et que l'excavation de Fossoyeuse commença, bien du temps s'était écoulé. A l'imitation de Sylvanas, la plupart des banshees émirent le souhait de retrouver leur corps pour se le réapproprier. Être un esprit séparé de la matière était une torture constante, et le désir de retrouver ma dépouille commença à obnubiler mon esprit.

J'adressai ma requête à la Dame Noire, qui me fit remarquer qu'il y avait peu de chances que mon corps soit encore en état ; d'autant plus que le monastère avait été récemment occupé par une nouvelle confrérie de zélotes de la Lumière, ceux qui se faisaient appeler les Croisés Ecarlates. Je me permis d'insister pour tenter ma chance.

Dame Sylvanas me donna toute latitude pour tenter cette quête hasardeuse. Je partis donc seule, flottant dans les bois pourrissants de Tirisfal, vers le lieu de mon trépas.

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Elyrine

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 11 Juin - 13:11

Le monastère n'avait pas beaucoup changé, d'après ce que je pouvais en juger. A bien y regarder, les jardins étaient saccagés et peu entretenus, des bannières rouge et or pendaient sur les murailles et les cloches ne sonnaient plus. A ces détails près, je le trouvai tel que je l'avais laissé : c'était une propriété immense et robuste.

Des patrouilles de soldats portant le tabard de la confrérie fanatique allaient et venaient autour de l'enceinte de l'abbaye. Des robustes molosses de guerre les accompagnaient, humant le vent. C'était une sage précaution, mais inutile face à moi. Sans corps, j'étais indétectable pour ces stupides corniauds.

J'attendis patiemment la nuit tombée pour m'aventurer dans ces lieux. Je n'étais pas stupide au point de me présenter en plein jour dans un lieu grouillant de zélotes lumineux. Dès que la lune fut montée dans le ciel nocturne, je volai jusqu'au toit du bâtiment le plus proche, guettant une éventuelle réaction.

Mais personne ne m'avait vue. Sans émettre le moindre son, je me glissai par la lucarne, m'introduisant à l'intérieur de la bâtisse. Je me trouvai au plafond d'un vaste hall, qui servait autrefois de porterie pour accueillir les visiteurs. Il avait été convertis en vaste salle de garde.

Dans un coin de la pièce, deux soldats, un homme et une femme, jouaient aux dés, accoudés à une table. Je les observai avec patience. Ils semblaient las, fatigués, mais ils s'amusaient bien. Ils jouaient quelques piecettes en faisant rouler les cubes en os. Il y avait une certaine complicité entre eux.

Plus discrète qu'une chauve-souris, je tombai de la poutre où je m'étais perchée et me fondis derrière un coffre qui gisait sur le sol. Je n'étais plus qu'à une vingtaine de mètres des deux gardes. Une idée avait germé dans mon esprit et je desserrai les lèvres, émettant un sifflement aigü, presque inaudible.

Seule la femme m'entendit. Elle tourna la tête à demi et s'écria :
"Tu as entendu ?
-Quoi donc ? Grogna l'homme en se grattant sa joue barbue.
-Un bruit... Comme un couinement ou un sifflement.
-Non. Tu dois rêver, ma chère."

Il relança les dés et eut un sourire satisfait.
"Ah ah, triple cinq, pas mal !"
Je poussai à nouveau une stridulation légère. La femme sursauta et se leva de siège.
"Là, tu ne vas pas me dire que tu n'as pas entendu !
-Rien du tout ! C'est parce que tu es en train de perdre ? Tu es de mauvaise foi dis-donc, ricana l'homme grisonnant en se renversant dans sa chaise.
-Je te dis que j'ai entendu quelque chose !"

Elle posa la main sur la garde de son épée et se dirigea vers moi, les sourcils froncés.
"Peut-être de ce coffre ?
-Il n'y a rien là-dedans. Tu joues ton coup oui on non ?", grommela l'homme en tapotant la table, impatient.

Elle lui fit signe de la main d'attendre, l'index levé. Légèrement penchée en avant, elle s'approcha un peu plus.
"Je crois que je vois... On dirait qu'il y a comme..."

Elle devait avoir dix-huit, vingt, vingt-deux ans tout au plus. J'ai toujours été mauvaise pour évaluer l'âge des Humains. Elle avait le visage jeune, malgré son air méfiant. Elle portait des cheveux longs châtains, presque noirs, lisses et raides, qui encadraient son visage rond. Elle était plutôt jolie, même dans son armure de mailles.

Il ne me fallut qu'une seconde pour me transférer dans son corps et museler son esprit. Elle était devenue ma marionnette. Elle se figea un instant, un peu raidie, surprise.

Je jouai des épaules et fit craquer mon cou. C'était une sensation étrange que de respirer et sentir à nouveau. Voir avec de vrais yeux. Je tapotai le pommeau de l'épée à mon flanc, appréciant la sensation de toucher.

"Alors, tu joues ou on arrête là ?" Insista l'homme.

Je me retournai vers lui. Il avait une barbe courte, hirsute, et un visage un peu usé. Je haussai les épaules.

"On joue, on joue.
-A la bonne heure."

Je me rassis et prit les dés, les faisant rouler sur la table.
"Et le bruit que tu entendais ?
-je m'étais trompée, mentis-je.
-En tout cas ça t'a porté chance.
-Comment cela ?
-Eh bien , Tu n'as pas vu ton résultat ?"

Je regardai les dés. Ils affichaient un deux, un trois et un six. Je ne voyais pas ce que ça avait d'exceptionnel.
"Ne me dis pas que tu n'as pas vu que ça te faisait une botte de pirate ?"
Je hochai de la tête, essaynt de me rattraper :
"Ah ah, mais oui, où avais-je la tête ?
-Tu es sûre que ça va ma chérie ? Tu as l'air ailleurs."
Je le regardai avec curiosité. Il aurait pu être son père, ou son amant. En tout cas il y avait un lien affectif fort entre eux. J'hésitai sur l'attitude à adopter. Il ne fallait pas gaffer.
"Tu as raison, chéri...
-Chéri ?" Il haussa les sourcils.

Bordel. C'était son père, bien sûr.
"Je plaisantais..., is-je en me mordant la langue. Dis-moi, il y avait plein de corps quand on est arrivés ici.
-Oui, ces lieux étaient désacralisés. Ils étaient dans un état déplorable. Il parait que Mograine avait même déterré un troll lors de sa visite !
-Surprenant... avouai-je. Mais je ne sais plus ce qu'on a fait de tous ces corps ?
-Comment ça tu ne sais plus ? S'étonna-t-il. On a participé ensemble au déblaiement. On a nous-mêmes allumé les brasiers !"

Il commençait à avoir des doutes, mais je m'en moquais complètement. La nouvelle m'inquiéta au plus haut point. S'il disait vrai, mon véritable corps était sans doute parti en fumée depuis longtemps. Je me levai de chaise.
"Oh. C'est vrai. Ecoute, je suis fatiguée... Je vais aller me coucher.
-Juste avant de boucler ton shlem ? Mais enfin qu'est-ce que tu as ce soir ?"

Il m'attrapa par l'épaule et grimaça aussitôt, son visage déformé par la surprise et l'horreur. Mon épaule avait commencé à fumer à son contact et son gant était roussi. Cette fois, j'étais fichue.

"Qu'est-ce que c'est... ? Mais tu es... Tu n'es pas ma fille ! Aux armes !"

Je pris mes jambes à mon cou et passai la porte du corps de garde en courant, bousculant les veilleurs. Aussitôt les soldats se mirent à mes trousses, entrainés par mon "père" qui hurlait un nom, probablement le mien.

Je me précipitai jusqu'au bord des falaises. Je ne pouvais plus leur échapper. Déjà des balles sifflaient autour de moi, les aboiements se rapprochaient. Deux douzaines d'écarlates formèrent un cercle, m'acculant au vide. Dans un geste dérisoire, je dégainai l'épée.

L'homme à la barbe grise fendit les rangs, un marteau à la main. Il semblait vraiment désolé. Il secoua la tête :
"Je ne sais pas ce que tu as fait à ma fille, mais je te conseille de te rendre maintenant..."

Je ne répondis rien et jetai mon épée au sol. Il eut un sourire triste.
"Vous deux, ligotez-la."

Avant qu'ils aient pu s'approcher, j'avais sauté dans le vide.

Je me réveillai quelques centaines de mètres plus bas. J'étais un peu sonnée. Le corps était brisé et l'âme de la jeune fille s'était enfuie, mais moi, j'étais toujours là. J'ordonnai à ce cadavre désarticulé de se lever, et il m'obéit. Prenant mes jambes à mon cou, je m'enfuis droit vers le sud-ouest, vers Fossoyeuse.

C'est ainsi que je commençai ma carrière de traqueuse sombre.

Depuis, je patrouille à la frontière de Tirisfal et des maleterres, tuant tous les ennemis de la Dame Noire."

Elyrine avait fini son récit, et attendait la réaction du recruteur. Elle espérait avoir fait bonne impression.

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Dim 14 Juin - 17:02

Orthen suivait le récit d'Elyrine avec une grande attention, il était heureux d'entendre pour une fois un candidat ayant un passé fort intéressant, après tout Orthen était dans son ancienne vie une personne très férue d'histoires. La réprouvé se pouvait être fière d'avoir tenu parole en spécifiant qu'il s'agissait ici d'une histoire longue.
Le recruteur nota principalement les grandes lignes sur sa feuille de vélin, vierge dans un passé proche.

"-Je vois, je vois... Cela ne doit pas être évident de vivre dans le corps ou la carcasse d'un être inconnu à soi, cela ne devait pas être fort évident pour vous."

"- Néanmoins une question me taraude. Pourquoi rejoindre notre ordre alors que votre allégeance envers la Dame Noire en annihilant ses ennemis semblait vous convenir ? D'ailleurs, par simple formalité, que savez vous du Bras de Lordaeron ?"
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Lun 15 Juin - 13:22

Elyrine écoutait avec attention les réponses du recruteur. Elle hocha lentement de la tête, prenant appui des deux mains sur la table, comme prise d'un moment de fatigue. Mais la lueur surnaturelle, maladive, dans ses yeux pestiférés brillait d'une flamme vive.

"Comme vous dites, j'ai toujours servi la Dame Noire depuis, et cela me convient parfaitement. Elle sait mieux que personne ce que nous vivons et a toujours montré une forte détermination à nous obtenir une place dans ce monde de vivants."

Son regard partit dans le vague, se promenant d'une étagère à l'autre. Elle avait une face pâle et blanchâtre, semblable à une lune pleine en plâtre. Sa peau donnait l'impression de pouvoir se craqueler d'un simple contact. Des dégoulinures noires, verticales, croisaient ses yeux de sillons noirs. Ces étranges marques (était-ce des tatouages ?) lui donnaient un air larmoyant.
Elle s'accorda quelques secondes pour reprendre ses explications :

"Depuis que je me suis assigné la tâche d'aider à la défense des frontières de Tirisfal je m'en suis toujours acquitté avec zèle. Malheureusement ces derniers mois la situation semble s'être dégradée. Des vivants font des incursions toujours plus loin dans les Maleterres. Des patrouilleurs, des braconneurs, des explorateurs. Les Humains en particulier tentent de coloniser ces régions."

Elle s'arrêta pour réfléchir à nouveau, se radossant dans sa chaise. Le meuble grinça en protestation. Elle croisa les bras et compta sur ses phalanges, marmonnant du bout des lèvres. Elle dodelina de la tête, un sourire crispé figeant sa bouche anthracite :

"Rien que ces deux dernières semaines j'ai été obligée de tuer une vingtaine d'intrus. Je ne pourrai plus arrêter le flot d'envahisseurs que je croise. Des étrangers s'enfoncent presque jusqu'à nos caveaux. Les éclaireurs de l'Alliance se font de plus en plus entreprenants. Bientôt des caravanes bivouaqueront à la Barrière, si on n'y prend pas garde."

Ses doigts osseux cliquetèrent sur son bras gauche, comme avec impatience. Le bruit métallique des griffes tintant sur la maille de son armure était probablement très désagréable pour une oreille vivante. Elle pencha la tête en avant, l'air abattue. Des mèches sauvages de ses cheveux glissèrent en cascade devant ses épaules, drapant son visage derrière leur voile sombre :

"Je n'aurais rien contre les Humains, si eux-mêmes n'avaient rien contre nous. Malheureusement ils ont prouvé à plusieurs reprises qu'ils n'avaient pas envie de faire le moindre effort avec nous - et que la meilleure façon de se faire respecter d'eux est de les cribler de flèches. Sans parler de leur haine atavique pour la race des Elfes de sang. J'en étais une jadis, et ce sont nos alliés. Une autre raison de se montrer inflexible. Je considère que le temps de la pitié est révolu."

Elle secoua la tête, sa voix commençait à devenir lasse et fatiguée, presque trainante. Elle releva la tête derrière ses mèches de cheveux raides, regardant Orthen par en-dessous :

"Je ne peux plus continuer à travailler seule. J'excelle dans la traque solitaire, mais mes actions seraient plus efficaces si je me joignais à une organisation dédiée à la défense de nos terres. Je crois que c'est ce que le Bras de Lordaeron s'est fixé comme objectif."

Elle passa ses longues mains effilées dans sa chevelure pour la rabattre sur sa nuque, d'un mouvement rapide, naturel. En fait, cela aurait presque pu passer pour un geste grâcieux (s'il n'avait pas été exécuté par une mort-vivante). Ce faisant, elle dévoilà à nouveau son visage blafard. Elle ne souriait plus. Elle posa ses mains sur ses genoux et hocha de la tête :

"J'ai entendu dire que le Bras préparait des actions d'envergure pour défendre l'intégrité de Lordaeron. Mon peuple a déjà failli à aider Lordaeron par le passé. Ce coup-ci je ne veux pas arriver trop tard. Je veux être de la partie, pour la Dame Noire et pour les Réprouvés. Mon arc est à votre disposition."

Elle cligna des yeux et croisa les jambes. Cette conversation ne la mettait pas à l'aise. D'ordinaire elle préférait stationner en pleine nature que sur une chaise, mais elle ne se plaignait pas, c'eut été inconvenant.
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Mer 17 Juin - 20:21

Le recruteur observa longuement la réprouvée durant les réponses à ses questions, il ressentait dans ses dires une certaine fiabilité mais également une loyauté à la Dame Noire dont la preuve ne devrait poser réellement problèmes, mais également un certain mal-être dans sa gestuelle.

Orthen observa un court instant la fenêtre de son bureau, sa main décharnée maintenant fébrilement son crâne.
Il annota sur son vélin concernant la candidate, notamment au sujet de sa grande dévotion et de ses capacités martiales, choses dont le besoin est toujours permanent au sein du Bras de Lordaeron.
Bien entendu il avait encore quelques questions d'ordre procédural, cependant il préféra se maintenir aux réponses qu'il obtenu lors de l'entretien.

Le réprouvé prit la feuille entre ses mains afin de pouvoir se relire parfaitement après tout sa vision n'a jamais été son meilleur atout même lors de sa première vie.

Après sa relecture, sans un mot, Orthen reposa tranquillement le vélin, puis fit légèrement couler de la cire chaude dessus, il récupéra le sceau posé sur le coin de sa table puis l'y accola afin de laisser l'emblème du Bras de Lordaeron dans la teinte d'un rouge sombre. Il rangea ensuite le parchemin dans un des tiroirs de son bureau.

Le recruteur revint par la suite à Elyrine dont le mal-être ne semblait que se confirmer.

"-Nous voici donc à la dernière partie de notre entretien. Mais avant cela je vais vous expliquer la suite de la procédure de votre recrutement, après tout la décision finale ne me revient, je m'occuperai seulement de transmettre les informations que j'ai obtenu lors de notre échange à nos supérieurs. A partir de la, nous vous convoquerons dans les plus brefs délais afin de vous faire passer un entretien avec les plus hauts gradés de l'ordre qui vont alors prendre la décision de votre acceptation ou non."

Il se gratta le crâne là où des cheveux inexistants auraient du se trouver puis fit craquer lentement les jointures de ses doigts.

"-Bien, à moins que vous n'ayez des questions nous concernant, nous allons pouvoir mettre un terme à cette entretien."
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Jeu 18 Juin - 18:20

Elyrine écoutait la réponse du recruteur, la tête légèrement penchée de côté. Elle secoua la tête et répondit :

"Non je n'ai rien à ajouter."

Elle hocha ensuite du chef avec véhémence :

"Je comprends tout à fait et attendrai de vos nouvelles. Je reste sur Brill encore quelques jours mais je suis de toute façon facilement joignable. Vous pourrez donc me convoquer à tout instant. Je répondrai."

Elle resta immobile sur sa chaise, attendant qu'on l'invite à se lever pour le faire.
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Ven 19 Juin - 1:26

Orthen esquissa un léger sourire lorsqu'il entendit la réponse négative de la réprouvée. La journée touchait pour enfin à sa fin pour lui, il ne lui restait plus qu'à transmettre les différents document au-dessus.

"Je comprends tout à fait et attendrai de vos nouvelles. Je reste sur Brill encore quelques jours mais je suis de toute façon facilement joignable. Vous pourrez donc me convoquer à tout instant. Je répondrai."

Le recruteur secoua la tête et tendit une feuille à la réprouvée, qui traînait au milieu du bureau.

"Vous n'êtes pas obligé de rester à Brill en attendant votre convocation, si vous le souhaitez vous pouvez utiliser ce parchemin en le donnant à notre aubergiste Taz'Jiroh. Cela vous permettra d'avoir accès à une chambre pour quelques jours. Mais bien entendu, le choix vous revient."

Le réprouvé resta ainsi immobile, le parchemin à la main, tendu vers Elyrine.

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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Ven 19 Juin - 18:59

Elle se gratta la tête, assez décontenancée. Elle ne s'attendait certes pas à cette proposition. Après de longues et gênantes secondes d'hésitation, elle tendit une longue main blanche vers le feuillet, le prit et le roula soigneusement avant de le glisser dans son gilet.

"Vous faites les choses en grand. Je suppose que je suivrai cette proposition."

Elle marqua une pause et recula sa chaise dans un grincement strident, se levant avec une souplesse peu commune chez les morts.

"Ce sera un excellent moyen de rencontrer voa gens, et de les accoutumer à ma vue si je reste. Dans le cas contraire, un passage à l'auberge ne me fera de toute façon pas de mal."

Elle hocha de la tête et pointa la porte dans son dos avec le pouce.

"J'ai un faucon-dragon apprivoisé dehors. Il est plutôt petit, alors j'espère que ça ne posera pas de problème pour mon hébergement ?"
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MessageSujet: Re: [Candidature] Elyrine   Sam 20 Juin - 3:01

Orthen fit un semblant de ménage en rangeant les quelques feuilles éparpillés sur son bureau puis revint à la réprouvée.

"Bien voilà qui est réglé alors. Pour ce qui est de votre compagnon cela ne devrait pas poser de quelconques problèmes nous avons des écuries à disposition, il devrait s'y plaire."

Le recruteur fit légèrement craquer sa colonne vertébrale avant de se relever finalement. D'un pas lent il se dirigea vers la porte de son bureau et posa sa main décharnée sur la poignée.

"Nous en avons donc terminé ici, vous pouvez de nouveau vaquer à vos occupations jusqu'à ce qu'on convoque de nouveau."

Le réprouvé ouvrit alors la porte lentement dans un grincement continu.
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